Quelle est la mission du CIPLEV ?
Le CIPLEV est un mécanisme visant à renforcer la collaboration avec la population et marquer la présence de l’État dans les zones affectées ou à risque.
Le comité a pour missions principales de :
- Éradiquer ou réduire sensiblement la propagation de l’extrémisme violent sur l’ensemble du territoire national et particulièrement dans les zones affectées ou à risque, en donnant aux communautés de base les outils et le soutien dont elles ont besoin pour résister à ce fléau ;
- Renforcer la coopération et la collaboration entre l’administration, les forces de défense et de sécurité et la société civile dans la prévention et la lutte contre l’extrémisme violent.
Quelle différence entre terrorisme et djihadisme ?
Le terrorisme désigne l’utilisation de la violence (attentats, prises d’otages, assassinats) pour insuffler la peur au sein d’une population ou faire pression sur un État, afin d’atteindre un objectif politique, idéologique ou social. Il n’est pas lié à une religion ou une idéologie spécifique.
Le djihadisme est une doctrine politique et religieuse contemporaine, issue d’une lecture radicale et dévoyée de l’islam (le salafisme rattaché au takfirisme). Son objectif est de refonder une société politique régie exclusivement par une interprétation stricte de la charia et de créer un califat mondial.
En résumé, tous les djihadistes ne font pas du terrorisme et tous les terroristes ne sont pas djihadistes mais la majorité des groupes djihadistes contemporains utilisent le terrorisme comme outil tactique pour frapper les civils et marquer les esprits.
Quelle est la source de financement des GAT ?
Les groupes armés terroristes diversifient leurs sources de financement pour assurer leur pérennité et maintenir leurs activités logistiques, militaires et de propagande. Leurs revenus proviennent principalement de quatre grands piliers :
1. Le crime organisé et les trafics illicites
C’est souvent la source de revenus la plus lucrative. Trafic de drogues, contrebande et taxes douanières, revente clandestine d’armes, de cigarettes, d’alcool, d’œuvres d’art ou de carburant. Trafic d’êtres humains et enlèvements : Rançons exigées pour la libération d’otages étrangers ou locaux, et extorsion liée aux réseaux de passeurs de migrants.
2. L’extorsion locale et le « contrôle territorial »
Lorsqu’un groupe contrôle un territoire, il fonctionne comme un « État prédateur ». Il impose des impôts et organise des rackets. Ils exploitent également des ressources naturelles : Extraction et revente illégale de pétrole, de gaz, de minerais ou d’or.
3. Le financement participatif et les réseaux de soutien privés
Dons privés anonymes : Financements en provenance de riches donateurs individuels, d’organisations caritatives détournées ou de fondations privées. Utilisation croissante du Web3, des réseaux sociaux et des monnaies virtuelles (Bitcoin, Monero, Tether) pour lever des fonds de manière décentralisée et difficilement traçable.
4. Le soutien étatique (Terrorisme d’État)
Certains régimes ou services de renseignement fournissent un soutien financier direct, un équipement militaire, un sanctuaire ou une assistance logistique à des groupes armés par procuration pour déstabiliser des adversaires régionaux sans s’engager directement.
D’où proviennent les armes des GAT ?
Les groupes armés terroristes s’approvisionnent en armes à travers cinq canaux principaux :
- Le pillage des stocks nationaux et les attaques de casernes
- Le trafic illicite et le marché noir mondial
- La déstabilisation d’États et la fuite d’arsenaux d’État
- La corruption et la porosité des forces de sécurité
- La fabrication artisanale et la modification
Quel est le mode de recrutement des GAT ?
- L’enrôlement volontaire qui trouve appui sur des facteurs attractifs et/ou incitatifs tels que l’oisiveté, les pensées radicales, l’aide ou l’assistance des GAT, le besoin de protection, les sentiments de frustrations, etc. ;
- L’enrôlement involontaire : prises d’otages, rapts, collaborations forcées.
Les GAT font beaucoup recours aux moyens de propagande pour attirer de nouveaux membres, notamment par le biais d’internet, vidéos de propagande, la dissémination de fake news, etc.
Le terrorisme n’est-il pas la conséquence de la mauvaise gouvernance ?
La mauvaise gouvernance agit comme un facteur structurel et permissif : elle affaiblit la société, crée du ressentiment et offre un espace d’action aux groupes armés. Cependant, le passage à la violence terroriste nécessite l’intervention d’autres catalyseurs, en premier lieu un discours idéologique structuré, des réseaux de recrutement et des opportunités géopolitiques.
Que veulent concrètement les GAT ?
Les Groupes armés terroristes (GAT) ne poursuivent pas tous exactement les mêmes objectifs. Leurs revendications varient selon leur idéologie, leur zone d’implantation et leurs dirigeants. Toutefois, dans le Sahel et particulièrement dans le bassin du lac Tchad, on retrouve plusieurs objectifs communs.
Comment se composent les CLPLEV ?
Le CIPLEV est organisé selon une logique à plusieurs niveaux, et les Comités locaux de prévention et de lutte contre l’extrémisme violent constituent son dispositif de proximité.
Comités préfectoraux de prévention et de lutte contre l’extrémisme violent (CPPLEV) : relais au niveau des préfectures
Comités cantonaux de prévention et de lutte contre l’extrémisme violent (CCPLEV) : structures de proximité chargées notamment de la veille, de l’alerte, de la prévention, du dialogue communautaire et de la remontée des informations.
Les comités locaux permettent donc au CIPLEV de descendre jusqu’aux communautés et aux populations, notamment dans les zones exposées aux risques d’extrémisme violent.
Quel est le travail des agents d’appui sur le terrain ?
Les agents d’appui du CIPLEV jouent essentiellement un rôle de proximité et de relais entre les communautés et les autorités locales. Sur le terrain, leurs missions comprennent notamment :
Veille et observation : suivre les situations susceptibles de créer des tensions ou de favoriser l’extrémisme violent.
Sensibilisation : informer les populations sur le vivre ensemble, la tolérance, la cohésion sociale et la prévention de l’extrémisme violent.
Identification des facteurs de vulnérabilité : repérer, sans se substituer aux services de sécurité, les situations sociales ou communautaires pouvant favoriser la radicalisation ou les conflits.
Alerte et remontée d’informations : signaler aux autorités locales, les faits ou situations préoccupantes observés dans les communautés.
Mobilisation communautaire : travailler avec les chefs traditionnels, leaders religieux, jeunes, femmes, associations et autres acteurs locaux pour prévenir l’extrémisme violent dans leurs zones d’affection.
Quel est le rôle de la jeunesse dans la prévention et la lutte contre l’extrémisme violent ?
L’implication et la contribution des jeunes sont indispensables à la prévention de l’extrémisme violent et de la radicalisation dans nos communautés.
En effet, les jeunes doivent :
- Chercher et disposer d’une bonne compréhension du phénomène de l’EV et de ses enjeux ;
- Collaborer avec les autorités locales et les FDS ;
- S’impliquer fortement dans le mécanisme d’alerte précoce de PLEV ;
- Être disposé à conduire les AGR à travers l’entreprenariat ;
- Opter pour les formations professionnelles adaptées aux réalités d’emploi de nos pays
- S’abstenir de relayer sur les réseaux sociaux les fausses informations (Fake News) ou qui font l’apologie de la violence ;
- Être des acteurs de promotion de paix et de vivre-ensemble au sein des communautés ;
- Respecter l’autorité publique et se soumettre aux lois et règlements de la cité ;
- S’imprégner des notions de citoyenneté et de patriotisme ;
- S’impliquer dans les actions de sensibilisation de leurs pairs et du reste de la population sur le phénomène de l’EV et ses enjeux ;
- Se méfier de l’usage de l’internet qui constitue un couteau à double tranchant souvent exploité par les GAT pour les enrôlements et formations ;
- Eviter la consommation des drogues, stupéfiants et autres excitants (cocaïne, cannabis, tramadol, morphine, alcool, dissolution etc.);
- S’impliquer dans le processus de démocratisation à la base en s’intéressant aux affaires liées au développement de leurs communes respectives.
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